[NOSO]une université anglaise fait une importante proposition aux deux parties

Dans un rapport qu’elle vient de rendre public, l’université d’Oxford basée à Londres en Angleterre invite également les grandes puissances mondiales à suspendre leur coopération commerciale avec l’Etat du Cameroun pour violations massives des droits humains dans le cadre de la crise anglophone. L’institution universitaire invite à un véritable dialogue inclusif et sans tabou. Après un premier rapport transmis le 31 octobre 2019 à la chambre haute du parlement anglais, la faculté de droit de l’Université de Oxford basée à Londres en Angleterre a une fois encore rendu public ce mois d’avril 2020 un rapport de 89 pages sur la lutte des Anglophones du Cameroun pour leur droit de disposer d’eux-mêmes. Intitulé « We Remain Their Slaves » (nous demeurons leurs esclaves). Voices from the Cameroon conflit, le rapport revient sur les causes du conflit, les violations massives des droits humains par l’armée camerounaise, pointe du doigt la responsabilité des grandes puissances mondiales et esquisse des solutions pour une sortie de crise. D’après ce rapport de l’University de Oxford, les causes du conflit en zone anglophone sont la marginalisation de la communauté anglophone par le pouvoir majoritairement francophone et l’inégalité dans la répartition des fruits de la croissance avec une grande part entre les mains d’une minorité qui détient le pouvoir politique. Par ailleurs, soutient le rapport, les Anglophones du Cameroun sont considérés comme des citoyens de seconde classe, des esclaves de « La République ».Le rapport revient sur les violations des droits humains notamment les massacres de l’armée camerounaise sur les civils en prenant pour exemple le massacre d’une vingtaine de femmes et de jeunes enfants le 14 février dernier à Ngarbuh, dans le nord-ouest anglophone du Cameroun. Les chercheurs indiquent que l’assertion selon laquelle « les crimes sont commis par les deux parties » est erronée et a détourné ce conflit de l’intérêt de la communauté internationale. Cette formule, poursuit le rapport, a également donné l’opportunité à l’armée camerounaise de commettre plus d’atrocités sur les civils. Suspendre l’aide au développement Dans ce rapport, les chercheurs accusent les grandes puissances telles que la France, l’Angleterre, la Chine, d’être plus soucieuses de leurs intérêts économiques que du sort des populations civiles anglophones qui sont massacrées au quotidien par le régime de Paul Biya. Les rapporteurs font remarquer cependant que de toutes ces grandes puissances mondiales, seuls les Etats-Unis ont condamné de manière non-équivoque les massacres des civils en zone anglophone par les forces de défense camerounaises, au point de suspendre le Cameroun du programme de coopération commerciale AGOA, en décembre 2019. Comme solution, le rapport préconise que toutes ces grandes puissances se mettent ensemble de manière conjointe, décide de suspendre l’aide au développement ainsi que leurs coopérations commerciales respectives avec le Cameroun. Comme proposition de sortie de crise, le rapport suggère une médiation avec la présence d’une tierce partie au conflit sur un terrain neutre et où tous les sujets, y compris l’indépendance du Southern Cameroons (régions actuelles du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun), doivent être mis sur la table.

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