[Éducation] Cameroun /E-learning : la difficile épreuve de l'enseignement à distance

Depuis le 17 mars, l’enseignement à distance s’applique à plus de 7,2 millions d’élèves et étudiants affectés par la fermeture dés établissements scolaires et universitaires à cause du Covid-19. La communauté éducative rencontre une kyrielle de difficultés dans la mise en place des classes virtuelles. Face à la crise du Covid-19, le système éducatif a dû improviser l’école numérique, pour assurer la continuité pédagogique. Invité du journal télévisé de la CRTV le 20 mars, Jacques Fame Ndongo, le ministre d’Etat, ministre l’Enseignement supérieur indique : « Nous avons décidé de nous arrimer définitivement au numérique éducatif c’est-à-dire au télé-enseignement mais aussi à la télé-évaluation et même la télé-recherche ». Pour le ministre, les étudiants et enseignants disposent des outils numérisés qui leur permettent de pouvoir suivre les cours en ligne. Notamment le projet E-national Higher Education Network, constitué de la construction de 10 centres de développement du numérique éducatif dans les universités d’Etat et le don 500 000 ordinateurs aux étudiants depuis 2018. Un mois après l’improvisation des cours à distance dans le système éducatif camerounais, la mayonnaise semble prendre lentement. Pour certains élèves, étudiants et enseignants, les cours à distance restent complexes. En absence de consignes claires, les professeurs utilisent à tâtons des plateformes telles que WhatsApp et Facebook, etc. Chaque établissement utilise les outils et techniques à la hauteur des ressources disponibles. Dans certains établissements, pour retrouver des exercices, documents ou encore évaluations, des classes virtuelles ont été établies, parfois dans l’urgence. A l’université de N’Gaoundéré, dans la faculté des Sciences, les étudiants suivent les cours qui sont dispensés en visio-conférence et d’autres téléchargent les cours disponibles sur la plateforme de l’établissement. Cette méthode est également appliquée à l’Ecole de management de collectivités territoriales décentralisée de l’INJS à Yaoundé. A l’Ecole supérieure des Sciences et Techniques de l’information et de la Communication (ESSTIC) : «le professeur de TIC a créé un groupe WhatsApp, où il envoie les cours on télécharge. Il choisit un jour pour répondre aux préoccupations des étudiants. Chaque étudiant a droit à une question par séance », nous renseigne Agnès, étudiante en licence 3 filières journalisme dans cette école d’élite. Hormis cet enseignant de TIC, « certains professeurs passent par le délégué de classe pour nous donner les devoirs et d’autres nous demandent de lire les journaux et fixent une séance d’interaction » soutient-elle. Lorsqu’elle est rencontre des difficultés dans ses révisions, Agnès fait recours à ses camarades de classe, et amis sur WhatsApp qui comprennent mieux la leçon de l’expliquer. Dans le secteur des enseignements secondaire, les élèves des classes d’examen multiplient des résolutions pour continuer leur éducation. Au Lycée bilingue d’Essos, les classes de troisième, première et terminale disposent d’une plateforme virtuelle où sont dispensés des cours à des heures précises. Pourtant plusieurs établissements scolaires sont en marge des enseignements en ligne, notamment ceux de l’arrière-pays. La pandémie a révélé au grand jour le fossé numérique au Cameroun. « Nous remarquons d’ailleurs avec cette épidémie que les domaines prioritaires à arrimer aux TICs sont les professionnels de l’éducation et de la santé, nous devons aider les enseignants à s’adapter à ce nouveau cadre d’apprentissage », a relevé sur les ondes de la CRTV, Armand Claude Abanda, représentant résidant au Cameroun de l’institut Africain d’informatique (IAI). Selon une récente enquête menée par le ministère de l’éducation de base, seulement 20 à 25%, des enseignants au Cameroun disposent d’un accès à internet, et la plupart ne possèdent pas de compétence en TICs. Les entraves du E-learning La communauté éducative rencontre plusieurs difficultés. Les problèmes qui entravent le développement du E-learning au Cameroun sont classés en trois catégories à savoir, ceux qui entravent l’offre des services, ceux qui empêchent de booster la demande et enfin ceux relatifs aux dispositifs nécessaires pour recevoir et dispenser les cours en ligne. Hormis le coût élevé de l’accès au cours en visio-conférence, soit 500 à 1500 FCFA par séance, l’on déplore une faible couverture des réseaux mobiles 3G et 4G. La disparité est évidente entre les élèves et étudiants dans les grandes villes et ceux de l’arrière-pays. Ces derniers dans la plupart des cas ne disposent pas en majorité des ordinateurs et smartphone pour s’arrimer au E-learning. Les populations subissent des coupures d’électricité à long terme. C’est le cas de la ville de Meigange, située dans la Région de l’Adamaoua, qui abrite l’Ecole de Géologie et d’Exploitation minière de l’Université de Ngaoundéré. Les étudiants de cet illustre établissement de la sous-région se réunissent régulièrement devant une boulangerie de la ville pour bénéficier de l’énergie de cet entreprise locale. De tels désagréments sont légions sur l’ensemble du territoire, et freinent le déroulement des cours en ligne au cours.

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