[Économie] Ngaounderé :la pandémie du COVID-19 plombe l'économie

Depuis l’annonce des 13 premières mesures restrictives en vue de lutter contre le coronavirus certains secteurs d’activités ont vu leurs chiffres d’affaires chuter drastiquement. Dans ce contexte, les chauffeurs de taxi, et les secrétariats bureautiques paient un lourd tribut. L’annonce des premières mesures de lutte contre le coronavirus est venue mettre un terme aux cours dans les établissements primaires, secondaires et supérieurs du pays. L’université de N’Gaoundéré a ainsi mis en congé temporaire ses étudiants. Une mise en congé qui porte un coup fatal pour les secteurs de transports et de reprographie. Ceux-ci broient du noir «Depuis l’annonce des mesures gouvernementales de lutte contre la pandémie, nous sommes en congé. En temps de cours, le chiffre d’affaires journalier variait entre 5000 FCFA et 20000 FCFA surtout si c’est la période des travaux pratiques et autres évaluations. Aujourd’hui, c’est très difficile de gagner même 3000 FCFA la journée. On a des factures à payer, le loyer. C’est très pénible. On est obligé de fermer le secrétariat afin de se trouver une autre activité», confie Sahoul Vincent, tenancier d’un secrétariat bureautique à Bini-Dang. Cette galère se vit aussi du côté des chauffeurs de taxi qui travaillent sur le tronçon de l’universitaire de Dang. La réduction du nombre de personnes à bord du taxi et le départ massif des cop’s ont entrainé une très grande baisse de leurs activités. Les frais de transport qui sont passés de 300 FCFA à 500 FCFA n’arrangent pas toujours les conducteurs. Selon les chauffeurs, ils tournent en perte. «Avant, nous prenions 6 personnes et cela donnait 1800 FCFA. Aller-retour si tu fais le plein à l’aller comme au retour, ça fait 3600 FCFA. En soustrayant les frais de consommation qui s’élèvent à 2000 FCFA, on avait au moins 1600 FCFA, mais maintenant, c’est très difficile, puisque nous ne prenons que 3, ça fait 1500 FCFA. Tous calculs faits, si on fait le plein à l’aller comme au retour, on ne gagne que 1000 FCFA sans compter les pannes qui peuvent survenir à cause du mauvais état de la route», explique Ab-doul-Nassir, chauffeur de taxi. Ces plaintes sont quasiment les mêmes partout chez les conducteurs. «Mon frère, cette période nous crée vraiment d’ennuis avec nos patrons. Il n’y a plus de clients. Parfois tu quittes la ville avec 2 personnes. Tu n’es même pas sûr de faire le plein au retour. Les patrons ne comprennent même pas cela. En fin de semaine, tu es obligé de verser la recette sinon, il récupère sa voiture. C’est vraiment pénible. A la station, les taxis font la queue pour le chargement. Tu peux passer 2h sans faire un tour, on est obligé de faire le tour en ville pour chercher les clients. La zone universitaire qui nous faisait la recette est quasiment déserte», se plaint Eric, chauffeur. Pour faire face à cette crise sanitaire et économique qui menace les tenanciers de secrétariat bureautique et les chauffeurs de taxi, une reconversion est envisagée par plus d’uns. S’ils n’ont pas changé de cap et de méthode de travail, d’autres optent pour une fermeture pure et simple du lieu de travail. «Je ne peux pas supporter davantage. On ne sait quand les étudiants vont revenir. Je m’occupe actuellement dans les champs. Dès la levée de la mesure gouvernementale, je reviendrai rouvrir sinon, je ne peux pas continuer de payer les factures alors que je ne gagne plus grand-chose», laisse entendre Souleymane Issa, gérant d’un secrétariat reconverti en agriculteur. Comme lui. Amadou Mohamed, a choisi de changer la couleur de son taxi et de faire plutôt les lignes de brousse qui sont jugées plus rentables. «Comme les étudiants ne sont plus à l’école, notre activité comme chauffeur de taxi ne marche plus comme avant. Pour le moment, c’est mieux de faire les lignes de brousse. Les jours des marchés hebdomadaires de Ngangassaou, Nomkandi, Bakka, Vogzom, je peux faire 2 ou 3 tours où je transporte les sacs de maïs, de manioc etc. c’est plus rentable», dit-il. La crise sanitaire draine fatalement avec elle une crise économique à plusieurs niveaux.

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