[Économie] Coronavirus :‹‹ le pouvoir de Yaoundé est friand d'impôts››

Fabrice Yap Mounchili, Analyste politique « Les seuls États qui sortiront économiquement vivant de la crise mondiale du covid-19 seront ceux qui, durant celle-ci, auront prêté une attention particulière à l’économie. En effect, les répercussions socio-économiques de cette pandémie qui au passage expose la porosité et l’interdépendiance des économies du système monde nécessite que chaque pays développe en interne une stratégie d’accompagnement de ses fleurons (entreprises). Les dirigeants de l’État d u Cameroun ont des outils micro et macro-économiques qui schématisent clairement les dangers socio-économiques post-covid. Comme à l’accoutumée, ils continuent leur tactique séculaire du « pourrissement » à l’effet de jouer au médecin légiste quand le mal deviendra irrévocable. Le pouvoir de Yaoundé qui aime récolter où il n’a pas semé est friand d’impôts. Il s’avère donc évident qu’il ne réduira pas un centime sur l’impôt libératoire ou sur les acomptes. Un État qui a pris sur lui de taxer le chiffre d’affaires et non le bénéfice n’est pas capable de réduire l’impôt libératoire, la TVA ou les acomptes. C’est un crime managérial monumental au moment où des États africains moins côtés que le Cameroun, en plus de réduire ou de supprimer certains impôts, vont jusqu’à injecter stratégiquement de l’argent dans les entreprises à l’effet de sauver les emplois de ces citoyens et les fleurons de l’économie. Le régime de Yaoundé crache en l’air et il recevra sa propre salive sur le visage. Les entreprises sont en train de fermer boutique et c’est des centaines de milliers d’emplois qui s’évaporent quand les entreprises du crime ouvrent simultanément. Peu importe le temps que ça prendra, la crise sanitaire finira. Seulement, les rues devront être grandes pour accueillir non seulement les enfants de la rue, mais aussi les adultes de la rue qui auront perdu leur emploi. À la fin de la crise Célestin Tawamba, Monkam ou Protais Ayangma auront toujours du poisson et du pain sur leur table. Ce ne sont donc pas eux les vraies victimes de la sourde oreille que fait l’ordre gouvernant ; c’est évidemment le petit peuple que ces industriels emploient au quotidien. Au demeurant, si I ‘ État veut sauver les meubles, qu’il prenne malgré lui la sage solution d’arrêter dès ce mois de Mai la pression fiscale. Qu’il baisse, voire supprime momentanément l’impôt libératoire, qu’il réduise l’acompte sur TVA et à défaut d’injecter de l’argent pour supporter des salaires, qu’il prête de l’argent à un certain taux d’intérêt aux entreprises. Il ne s’agit pas de largesse mais de nécessité ».

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